Reporting RSE

Des parties intéressées aux parties prenantes

… une résonance de plus en plus forte entre QHSE et RSE. Avec l’évolution récente des normes ISO 9001 et ISO 14001 et la future ISO 45001, les entreprises certifiées devront désormais comprendre les enjeux et anticiper les besoins et attentes des parties intéressées. Une obligation qui renvoie à la prise en compte des parties prenantes, pratique fondamentale de l’ISO 26000 et principe directeur de nombreux référentiels internationaux de la RSE.

 

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Des parties intéressées aux parties prenantes

Si l’on se réfère à la définition des parties intéressées donnée par les normes ISO précitées, il s’agit de « personne ou organisme qui peut soit influer sur une décision ou une activité, soit être influencée ou s’estimer influencée par une décision ou une activité » ; à titre d’exemple sont cités les clients, collectivités, fournisseurs, régulateurs, organismes non gouvernementaux, investisseurs et employés.

La norme ISO 14001 précise que « s’estimer influencée » signifie que le point de vue a été porté à la connaissance de l’organisation. Ainsi, l’analyse de matérialité  est plébiscitée par de nombreux référentiels pour fonder des démarches RSE plus pertinentes et mieux intégrées aux stratégies et modèles d’affaires des entreprises. En effet, avec cette précision, les entreprises sont non seulement invitées à identifier leurs parties intéressées, mais elles doivent aussi les interroger afin de connaître leurs points de vue.

Il ne s’agit donc pas de se « contenter » d’identifier soi-même et en toute bonne foi les attentes et besoins, il faut interroger ses parties prenantes et être en capacité de démontrer que cette identification « en miroir » a bien été faite, au même titre que des actions auront été engagées pour les prendre en compte et s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue.

Si l’ISO 26000 donne une définition des parties prenantes, somme toute assez vague, « les parties prenantes sont des individus ou groupes ayant un intérêt dans les décisions ou activités d’une organisation », elle précise dans les caractéristiques de la responsabilité sociétale que « Le rôle des parties prenantes dans la responsabilité sociétale, l’identification des parties prenantes et le dialogue avec elles, sont fondamentaux en matière de responsabilité sociétale. Il est recommandé à l’organisation de déterminer qui a un intérêt dans ses décisions et activités de façon à ce qu’elle puisse comprendre les impacts qu’elle exerce et identifier la manière de les traiter ».

La publication par le Comité 21, le 13 janvier 2015, des « Principes directeurs pour un dialogue constructif avec les parties prenantes » souligne l’importance croissante accordée au dialogue avec elles, dans le but d’éclairer les décisions de l’entreprise comme dans le but, ne le sous-estimons pas, de préserver et améliorer la réputation de l’entreprise. Le troisième principe est intitulé « s’engager à choisir des parties prenantes et des enjeux pertinents ». Il stipule que s’il convient d’« identifier les parties prenantes pertinentes »… il convient également de « faire émerger une diversité d’enjeux significatifs tant pour les parties prenantes que l’initiateur du dialogue. Ce point s’appuie sur la notion de matérialité, ou de pertinence des enjeux, qui intègre les priorités de l’organisation et les attentes des parties prenantes ».

 

Vers une démarche intégrée ?

L’émergence de la prise en compte des parties intéressées et donc des parties prenantes, pose la question de la méthodologie à adopter. En effet, certaines entreprises qui s’étaient engagées dans une identification, voire une cartographie de leurs parties prenantes au niveau groupe, se voient désormais confrontées à la nécessité de le faire au niveau de leurs sites et cela, en fonction des systèmes de management mis en œuvre.

Dès lors se dessinent le déploiement de démarches intégrées visant à identifier au niveau de chaque site les parties intéressées, afin de répondre de façon univoque aux normes ISO 9001, 14001 et 45001.

On peut aussi légitimement se poser la question de la complémentarité à organiser entre les approches corporate et les identifications faites sur les sites certifiés. Ainsi, les entreprises qui avaient réalisées des analyses de matérialité au niveau groupe, avec le questionnement de parties prenantes groupe, pourraient trouver un intérêt majeur dans cette identification des parties prenantes locales, afin de compléter leur dispositif, en évitant bien sûr de le complexifier.

 

En conclusion

Avec cette identification des parties intéressées et de leurs besoins et attentes, les responsables HSE vont contribuer encore davantage au déploiement des démarches RSE et au reporting extra-financier des entreprises. Les décisions prises dans le cadre de la COP 21, avec les stratégies bas-carbone qui sont appelées à se structurer, à se piloter et à être publiées, devraient également amplifier cette résonance avec les responsables RSE. On voit déjà dans les premiers reporting et rapport RSE 2015, la place prise par les audits énergétiques et le recensement des certifications ISO 50001. La performance environnementale comme la prise en compte efficiente des parties prenantes seront à n’en pas douter dans les prochains mois, deux éléments avec lesquels compter dans l’évaluation de la performance globale des entreprises. A suivre !

 

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